(Article Ouest-France)Avec la fin de l'année, arrivent les tournées de calendriers. L'occasion pour les pompiers d'approcher les habitants. Et souvent, de partager un moment d'intimité, autrement que dans l'urgence.
Reportage
Ça commence toujours comme ça : « Bonsoir, c'est les pompiers, pour le calendrier ! » Stéphane Scornec, pompier, en sourit : « La présentation est assez sommaire, mais ça suffit ! » Ça suffit, oui, parce que ça continue comme ça : « Ah, les pompiers ! Entrez ! »
Ce vendredi, 18 h 30, Stéphane commence sa tournée de calendriers. Passé chercher sa sacoche en sortant du boulot, au centre de secours. Et attaque rue Jakez-Riou, derrière la gare. Il fait déjà bien nuit, un vendredi gris. Dans la rue, les volets sont fermés, les barrières poussées.
Le coin, il connaît. « On se partage les rues par secteurs, on a souvent les mêmes. On finit par connaître les gens. » Mieux vaux connaître en effet. Ne serait-ce que pour, dans le noir, trouver l'entrée : « C'est pas toujours facile. Là par exemple il faut passer par le jardin. » En fait trompé. La porte était dissimulée sur le côté. Il sonne. Se pointent trois museaux intéressés : « Oh, vous avez le calendrier ? » S'en saisissent, tandis que le papa va chercher ses billets. Discussion vite engagée. « Alors vous avez déjà commandé les jouets de Noël ? » Oui, oui. Le père revient. On parle du temps. « Encore doux, pas trop froid, ça va encore. » Se quitte sur un « bonne nouvelle année ».
Ça commence toujours comme ça : « Bonsoir, c'est les pompiers, pour le calendrier ! » Stéphane Scornec, pompier, en sourit : « La présentation est assez sommaire, mais ça suffit ! » Ça suffit, oui, parce que ça continue comme ça : « Ah, les pompiers ! Entrez ! »
Ce vendredi, 18 h 30, Stéphane commence sa tournée de calendriers. Passé chercher sa sacoche en sortant du boulot, au centre de secours. Et attaque rue Jakez-Riou, derrière la gare. Il fait déjà bien nuit, un vendredi gris. Dans la rue, les volets sont fermés, les barrières poussées.
Le coin, il connaît. « On se partage les rues par secteurs, on a souvent les mêmes. On finit par connaître les gens. » Mieux vaux connaître en effet. Ne serait-ce que pour, dans le noir, trouver l'entrée : « C'est pas toujours facile. Là par exemple il faut passer par le jardin. » En fait trompé. La porte était dissimulée sur le côté. Il sonne. Se pointent trois museaux intéressés : « Oh, vous avez le calendrier ? » S'en saisissent, tandis que le papa va chercher ses billets. Discussion vite engagée. « Alors vous avez déjà commandé les jouets de Noël ? » Oui, oui. Le père revient. On parle du temps. « Encore doux, pas trop froid, ça va encore. » Se quitte sur un « bonne nouvelle année ».
JT et problèmes de santé
Maison d'à côté, toute fermée. Un volet s'entre-ouvre, un bout de rideau se lève. Le propriétaire sort, casquette et bretelles : « 10 €, ça va ? » Un silence, puis enchaîne : « Madame est à l'hôpital... Les jambes qui ne vont pas... Partie 4 jours après son anniversaire. » Stéphane écoute, le sourire, toujours. C'est que les soucis de santé, ils en entendent souvent parler, les pompiers. « Les gens savent qu'on travaille là-dedans, alors ça revient souvent. » Un petit moment, et puis continue la tournée.
Parfois, c'est sur le palier. Plus souvent, est invité à rentrer. Un petit tour dans l'intimité d'un quartier. Un hall, une salle à manger, des assiettes prêtes devant la télé... Les billets sortent d'une enveloppe au fond d'un placard, d'un porte-monnaie ou d'une poche en même temps que la conversation s'engage. On refait le monde sur le coin de la table de cuisine devant le JT qui a commencé. « Il y a souvent des personnes âgées seules. Surtout dans les secteurs ruraux. Là, elles sont contentes de nous garder, de discuter. Et c'est sympa de leur apporter un peu de réconfort. »
Ding-dong. Encore une personne âgée. Ou plutôt une mamie. Une mamie toute apprêtée pour la nuit, en robe de chambre fleurie, et sa petite fille à côté, qui vient passer la soirée pour regarder la télé. « Entrez, quand il fait nuit d'habitude je n'ouvre pas, mais là... ! » Sort son porte-monnaie : « Faites voir... Le papa de Coline, il est toujours sur le calendrier ? »
Plus loin, ce sont les problèmes du chien qui font causer. Le chien qui se traîne, il est vrai, un peu sur le carrelage. 15 ans et demi, aussi, il est fatigué. Un chien aussi, dans la maison d'après. Madame est pressée, monsieur a plus envie de parler. De son ancien métier, gendarme retraité, de l'isolement dans les grandes villes. L'isolement, qui revient, dans ces maisons allumées par la télé. Pour ça que ça fait du bien d'un peu parler.
Parfois, c'est sur le palier. Plus souvent, est invité à rentrer. Un petit tour dans l'intimité d'un quartier. Un hall, une salle à manger, des assiettes prêtes devant la télé... Les billets sortent d'une enveloppe au fond d'un placard, d'un porte-monnaie ou d'une poche en même temps que la conversation s'engage. On refait le monde sur le coin de la table de cuisine devant le JT qui a commencé. « Il y a souvent des personnes âgées seules. Surtout dans les secteurs ruraux. Là, elles sont contentes de nous garder, de discuter. Et c'est sympa de leur apporter un peu de réconfort. »
Ding-dong. Encore une personne âgée. Ou plutôt une mamie. Une mamie toute apprêtée pour la nuit, en robe de chambre fleurie, et sa petite fille à côté, qui vient passer la soirée pour regarder la télé. « Entrez, quand il fait nuit d'habitude je n'ouvre pas, mais là... ! » Sort son porte-monnaie : « Faites voir... Le papa de Coline, il est toujours sur le calendrier ? »
Plus loin, ce sont les problèmes du chien qui font causer. Le chien qui se traîne, il est vrai, un peu sur le carrelage. 15 ans et demi, aussi, il est fatigué. Un chien aussi, dans la maison d'après. Madame est pressée, monsieur a plus envie de parler. De son ancien métier, gendarme retraité, de l'isolement dans les grandes villes. L'isolement, qui revient, dans ces maisons allumées par la télé. Pour ça que ça fait du bien d'un peu parler.
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